Muriel Robin a « réussi à tourner "I Love You Coiffure" en neuf jours »

  • I Love You Coiffure est diffusé lundi, à 21h05, sur TF1.
  • Ce téléfilm est une fiction construite autour des sketches de Muriel Robin qui, pour la première fois, officie comme réalisatrice.
  • Quarante-huit personnalités d’Elie Seimoun à Mathilde Seigner en passant par Harry Roselmack, Françoise Fabian ou Vanessa Paradis figurent au casting. « Chacun apporte son univers et j’aime beaucoup ce mélange », dit-elle à 20 Minutes.

A l’écouter, Muriel Robin ne s’est pas trop arraché les cheveux sur I Love You Coiffure. Sa première réalisation, diffusée lundi à 21 h 05 sur
TF1, est un téléfilm de près de deux heures dont la trame est construite autour de ses sketches. Près de 50 personnalités d’horizons variés, de Carole Bouquet à Anne-Claire Coudray en passant par Chantal Ladesou,
M.Pokora, Michel Fau ou
Corinne Masiero, ont été conviées à lui donner la réplique. Le tournage express – neuf jours ! – fut joyeux, comme elle l’explique à 20 Minutes.

Vous connaissez évidemment vos sketches par cœur. Mais, est-ce facile de les insérer dans un scénario ?

Ce n’est ni facile ni difficile d’en faire un film. Ou c’était possible, ou ça ne l’était pas. J’ai eu du bol : j’ai pu. L’histoire tourne autour de deux sœurs, une Parisienne et l’autre provinciale qui tient un salon de coiffure. On fait des allers-retours entre les deux. On a des scènes avec des gens qui se parlent, on n’est plus dans le one-man-show, on est dans une fiction.

Etre sur une scène, sans accessoire, ou face à une caméra et dans un décor, ça change quelque chose à votre jeu ?

Un peu. Ce n’est pas comparable en fait. On ne peut pas avoir un jeu « cinéma » quand on joue devant 5.000 personnes et, en même temps, devant 5.000 personnes, on ne crie pas. C’est ce qu’on faisait avant mais depuis, les micros sont arrivés. Je n’ai jamais eu à déclamer pour être entendue très loin. Face à une caméra, il y a un jeu sur l’écoute qu’il n’y a pas quand on est seule en scène. Il faut régler le curseur pour s’adapter à la situation.

Réunir 48 artistes autour de ce projet, ça n’a pas été compliqué ?

C’est seulement maintenant que je me rends compte que ce casting est assez incroyable. J’avais tellement de choses à faire à partir du moment où je me suis mise dans ce projet que je n’ai pas eu le temps de trop réfléchir. On a tourné ce film d’une heure cinquante en neuf jours. Rétrospectivement, je me dis que c’est fou. Ce qui est joli, c’est que je les ai appelés les uns après les autres et toutes et tous m’ont dit oui sans me poser une seule question sur qui il y aurait d’autre, comment leur image serait utilisée pour la promo, etc. Je leur ai dit que je les voyais dans tel ou tel rôle et ils sont venus. Tout le monde a joué le jeu, pas pour l’argent, je vous le dis tout de suite car aucune production ne pourrait s’offrir cette distribution. Cela témoigne d’une confiance extrême qui, au fil des jours, pendant cette promo, me touche et va presque jusqu’à me bouleverser. Parce qu’il y a des gens qui sont rares à la télé…

Il y a des gens d’horizons très variés…

J’aime que ça casse les codes parce que, normalement, on ne mélange pas les genres. Là, on mélange. On en a pour tous les goûts : on peut passer de Charlotte Rampling à Jeanfi Janssens en faisant un petit coucou à Jean-Pierre Foucault, puis revenir à Jean Reno, Pierre Arditi ou François Berléand et puis Vanessa Paradis… Chacun apporte son univers et j’aime beaucoup ce mélange.

Vous saviez qui vous vouliez pour tel rôle en écrivant le scénario ? Ou vous avez convié les personnes avec lesquelles vous souhaitiez travailler ?

Je n’ai pensé à personne en écrivant le scénario. Je ne pouvais pas prendre le risque, sur quarante-huit rôles d’essuyer des non. On a discuté avec la production, il y avait des envies, des évidences. On voit les gens qui collent au rôle, les gens qu’on a envie de mélanger dans les sketchs. Je n’avais auparavant pas pris ne serait-ce qu’un café ni échangé de coups de téléphone avec 70 ou 80 % de ces 48 personnalités. Ce ne sont pas des amis. Il y en a plus de la moitié qui sont des gens que je croise depuis plus ou moins longtemps mais avec qui je n’ai pas de relation.

Au casting, on retrouve des acteurs, des actrices, des humoristes, mais aussi des personnalités dont jouer la comédie n’est pas le métier, comme Christophe Willem. Certains de ces artistes avaient-ils un don insoupçonné ?

Christophe, je l’ai trouvé très doué. Je n’aurais pas pensé à lui. Mon attaché de presse m’a soufflé qu’il était fan de moi quand il était plus jeune, que cela lui faisait beaucoup de bien que je le fasse rire. Alors voilà, quoi de mieux que de dire à un grand fan, qui en plus est un chanteur que j’apprécie et qui a un talent monstrueux : « Tu joueras mon fils ». J’ai senti qu’il savait ce que c’était jouer.

C’était votre baptême du feu à la réalisation. C’était stressant ?

Non, enthousiasmant. J’ai réussi à faire ça en neuf jours avec une équipe très motivée aux décors, aux costumes, aux perruques… Tout le monde était très heureux. C’était la joie le dénominateur commun. J’étais très bien accompagnée par deux personnes essentielles pour ce film. D’abord Kika Ungaro, qui est ma cheffe opératrice et cadreuse. Elle a fait beaucoup de téléfilms donc, sur la partie technique, j’étais tranquille. Et, comme je suis de tous les plans, je ne pouvais pas être au jeu et derrière le combo, qui est un écran derrière lequel on se met quand on réalise pour voir ce qu’on est en train de tourner. C’est ma fiancée Anne Le Nen qui était à ce poste-là. Elle était carrément comme un double, elle pouvait voir ce que je ne voyais pas.

Cela vous a donné envie de poursuivre dans la réalisation ?

On est en train, avec Anne, d’écrire une comédie qu’on produira puisqu’on a créé notre boîte de production. Je réaliserai ou coréaliserai avec elle. Je reste très actrice ou comédienne suivant les besoins et les envies des autres, mais cela ouvre une nouvelle voie.

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