« On a touché au cœur le public », se réjouissent les Lefèvre

  • Mardi soir, M6 diffusait la finale de la quinzième saison de La France a un incroyable talent.
  • La finale a été remportée par la chorale familiale des Lefèvre.
  • « On était sûrs qu’il y avait des a priori sur la musique sacrée. L’air de rien, ça peut être grand public », avancent les parents, Anne et Gabriel, à ​20 Minutes.

Un lendemain de victoire à cheval entre euphorie et normalité. Quelques heures après avoir remporté, à la quasi surprise générale, la quinzième saison de La France a un incroyable talent sur
M6, la famille Lefèvre a gardé son rythme de vie habituel. Lorsque l’on interviewe les parents Anne et Gabriel, leurs enfants sont à l’école, comme si de rien n’était. Tous les deux se confient à 20 Minutes sur la façon dont ils ont vécu la finale de l’émission, leur image de famille catholique versaillaise, et sur ce que les 100.000 euros promis aux vainqueurs leur permettront de réaliser.

Comment avez-vous passé votre première nuit en tant que vainqueurs ?

Anne : C’est un peu surréaliste quand même.

Gabriel : On s’est refait la finale dans la tête toute la nuit. L’annonce, quand on a su qu’on gagnait, on s’est repassé le film dans notre tête. C’était juste dingue, quoi. On n’en revenait pas.

Vous avez appris votre victoire en visioconférence. Est-ce qu’il y a une frustration à avoir gagné dans ces conditions ?

Anne : Complètement, on s’est dit que c’était horrible d’être enfermés chez nous, de ne pas pouvoir le vivre avec les autres, de ne pas pouvoir embrasser le jury. Ce n’est pas génial. On était heureux mais de ne pas être sur le plateau, ce n’était pas fou.

Gabriel : Le pire, c’est qu’on n’était pas non plus sur le plateau pour le tournage. Et ça, c’était rock’n’roll.

Comment avez-vous préparé cette prestation de la finale, justement ?

Gabriel : Il y a un mot pour dire ça : lunaire. On a eu très peur de ne pas pouvoir faire la finale du tout. Quand on a vu que la production mettait tout en œuvre pour qu’on puisse concourir, c’était un peu un soulagement. On était hypercontents de garder nos chances, c’était génial. Mais tourner chez soi, ce n’est pas hyperconfortable. C’était vraiment très dur.

Anne : On était en direct au moment où l’émission se tournait. La seule différence, c’est qu’on n’était pas sur le plateau mais on a tourné comme les autres, au moment voulu.

Gabriel : C’était dans les conditions du direct, on ne voyait pas le jury. On l’entendait avec un décalage de cinq secondes. On a chanté sans savoir, sans voir, c’était un peu lunaire. On avait l’impression d’être en dehors du réel.

Quand vous avez décidé de participer à l’émission, est-ce qu’il y a un message particulier que vous souhaitiez porter ?

Gabriel : On avait envie de partager notre amour de la musique sacrée avec un maximum de monde parce qu’on était sûrs qu’il y avait des a priori sur la musique sacrée. L’air de rien, ça peut être grand public.

Vous souhaitiez dépasser l’image de la famille catholique versaillaise. Est-ce que c’est mission réussie selon vous ?

Gabriel : On espère. Au moins pour une partie des gens. On est ce que l’on est. On souhaitait ne pas être étiquetés, catalogués ou mis dans un tiroir. C’est vrai tout ça : on est catholiques, on est de Versailles, on a une famille nombreuse, on coche un paquet de cases, mais on est nous-mêmes. Chacun est ce qu’il est et on est hypercontents que le jury et le public soient passés au-delà de cette histoire. On peut être tout ça et aussi plutôt décomplexés et dans le partage.

Anne : On est assez empathiques, on aime les autres, même ceux qui sont différents de nous. Ça nous passe un peu au-dessus, on les aime pour eux, pas pour ce qu’ils représentent. On aime la personne humaine. C’est pour ça que l’on a aimé être sur ces tournages, on a parlé à plein de gens, c’était hyperintéressant et enrichissant.

Est-ce que c’est une chose que vous subissez ?

Gabriel : Ce sont les a priori qui sont gênants. Si on s’était fait sortir aux auditions en se faisant traiter de cathos versaillais coincés, ça nous aurait été pénible. On savait qu’on prenait des risques. Il faut reconnaître au jury un talent d’honnêteté. Ils ont dit ce qu’ils pensaient, c’était chouette.

Comment expliquez-vous votre victoire ? Qu’est-ce qui a convaincu le public selon vous ?

Gabriel : Je pense qu’on a touché au cœur le public. Il y a une forme d’authenticité dans notre démarche qui a dû toucher les téléspectateurs.

Qu’est-ce que vous espérez faire par la suite ?

Gabriel : On ne sait pas trop bien. On espère un disque, une petite tournée ou des concerts. On a envie d’aller à la rencontre de divers publics un peu partout dans la mesure de notre statut de famille parce que les enfants vont à l’école. On a un devoir d’équilibre de vie car il ne s’agit pas de faire n’importe quoi. J’ai un boulot, ça tombe très bien parce que je bosse dans l’événementiel et il n’y a plus d’événement à traiter en ce moment. J’ai monté ma boîte, tous mes salariés sont au chômage partiel. Mon associé et moi, on n’est pas salariés et on n’a absolument rien comme aides. Comme on n’a peu d’évènements à faire depuis le mois de mars, on ne sait pas de quoi sera fait demain et quand va reprendre notre activité. Donc le fait de gagner cette émission, c’est un vrai soulagement pour ne pas être à la rue, ça c’est sûr. Je pense qu’on va aussi essayer de s’engager auprès d’une association avec les enfants.

Anne : Aller chanter des chants de Noël dans un hôpital pour enfants malades, ce serait mon rêve.

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