Pour être sûr d’animer « Lego Masters », Eric Antoine a « appelé tout M6 »

  • Lors du tournage de Lego Masters en juillet dernier, 20 Minutes a été invité à découvrir les coulisses de l’émission.
  • Dans sa loge, Eric Antoine a répondu à nos questions tout en gardant un œil sur ses écrans de contrôle grâce auxquels il suit les avancées des candidats, minute par minute.
  • « Quand ça ne marche pas comme ils en avaient envie, ça me fait souffrir », confie-t-il.

Deux millions de briques sur un plateau de télévision, ce n’est pas le résultat d’un brillant tour de magie. Eric Antoine aurait pourtant pu sortir une prodigieuse formule de son chapeau de magicien, mais c’est le costume d’animateur qu’il a choisi d’endosser dans Lego Masters. Alors que
son spectacle digital a dépassé les 30.000 spectateurs et s’est vu prolonger jusqu’au 30 janvier, l’homme de scène cartonne également dans la nouvelle compétition de
M6. 20 Minutes l’a rencontré lors du tournage de l’émission.

Comment vous êtes-vous retrouvé à la tête de Lego Masters ?

J’avais très envie d’animer le programme. Mon frère est monteur et passionné de jeux de briques comme moi depuis notre plus tendre enfance. C’est un vrai truc important pour moi parce que je trouve que ce n’est pas un jeu où l’on gagne, il n’y a pas de vainqueur et pas de perdant. C’est une des valeurs que je veux vraiment transmettre à mes enfants. Quand j’ai appris par mon frère qu’EndemolShine cherchait des monteurs pour l’émission, j’ai appelé tout M6 en disant que s’ils ne faisaient pas cette émission avec moi, je connaissais leurs adresses, leurs familles et que je les retrouverais (rires). Mais la production y avait déjà pensé et je ne le savais pas.

Pourquoi une telle volonté de l’animer ?

Ce qui m’a donné envie de l’animer, c’est plusieurs entrées. La première, c’est le jeu qui est quelque chose qui nous réunit, c’est quelque chose d’excessivement familial. En plus, ce n’est pas n’importe quel jeu, c’est un jeu de créativité grâce auquel on voit qui on est. Il y a aussi une porte d’entrée spectaculaire, la partie vraiment époustouflante de l’émission. C’est hallucinant ce que les candidats construisent. Et puis il y a toute la narration de la compétition. Qui va gagner ? On s’attache aux personnages. Entre le duo d’artistes créatifs et attachants, le mari et sa femme, le père et son fils, il y a toutes ces histoires-là. Il y a beaucoup de moments où l’on s’attache, émotionnellement et en termes de spectaculaire. Tous ces aficionados de la brique sont des gens en train de réaliser un rêve, c’est très beau de voir une passion s’exprimer. L’une des choses qui me plaît le plus dans la vie, c’est de rencontrer des gens passionnés voire obsédés par leur domaine de prédilection, et qui ont été jusqu’au bout de leur rêve. Là, ils le vivent.

Vous n’êtes pas juge dans cette émission. C’est une autre casquette qui vous plaît ?

Ce qui m’intéresse, c’est d’apprendre. C’est de comprendre pourquoi je préfère cette construction et Georg et Paulina [les brickmasters] une autre. Eux ont un point de vue pointu de professionnels. J’ai aussi un point de vue d’artiste comme je l’ai sur Incroyable Talent, je suis touché ou pas par une œuvre sans en connaître forcément la technicité. Mon rôle est de donner le cadre du jeu, c’est-à-dire le pur boulot d’animateur, et puis c’est un boulot d’humeur avant tout parce que ce qui me plaît, c’est la rencontre avec les gens, ce qu’il se passe, ce qu’ils sont en train de vivre. L’idée, c’est d’amener du liant émotionnel.

Quand on vous a dit qu’il y avait deux millions de pièces, est-ce que vous avez eu une pression immédiate ou est-ce que vous y êtes allés « à la cool » ?

« À la cool », c’est l’impression que je peux donner mais ce n’est jamais ma sensation intérieure.

Je suis un stressé de la vie. Toutes les émissions sur lesquelles je suis sont toujours des gros barnums.

Je n’ai pas cette appréhension mais plutôt celle de comprendre quelle est la vraie tonalité d’une émission, d’en tirer le suc et d’être le meilleur rouage possible. Il y a aussi une identité qui est la mienne, ils savent que s’ils m’engagent, je vais péter des câbles par moments, je vais déconner, je ne vais pas forcément respecter tout ce qu’ils me disent. Ils m’ont casté et je viens pour être moi. Je viens pour amener, j’espère, de l’humeur, de la fraîcheur, de la sensibilité, de l’écoute. J’essaye d’amener ce sur quoi j’espère être fort. Et puis en amont, il y a toujours un travail de préparation. L’émission existe aux Etats-Unis, en Australie, je l’ai regardée. J’ai donné aussi mon avis sur certaines écritures, j’ai écrit avec ma coauteure, Karina [Siamer], on a travaillé sur les plateaux, etc. Ce travail permet de gérer le stress.

Comme dans La France a un incroyable talent, il y a aussi beaucoup d’émotion dans Lego Masters…

Oui, absolument. Ce qui est très fort, c’est l’éphémère d’une œuvre de briques. Ils construisent pendant quinze heures à deux, ce qui équivaut à trente heures de travail et ce n’est pas juste du travail, ce sont des années de pratique. Dans les œuvres des candidats, il y a une charge émotionnelle qui me touche. Je sens le bagage, l’esprit derrière et quand ça ne marche pas comme ils en avaient envie, ça me fait souffrir. Quand ça marche mieux que ce qu’ils croyaient, ça me rend joyeux. Quand la compétition s’arrête pour eux alors qu’ils ont pourtant tout donné, j’ai les larmes aux yeux. Ça fait partie du processus qui mélange la notion de compétition et la vie d’artiste qui peuvent paraître antinomiques mais qui fonctionnent très bien.

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