Quand Terminator sort de l’écran et se bagarre en plein Montreuil

  • Sur 700 m2, Dream Factory a recréé les décors de Terminator 2. Au milieu, 16 acteurs rejouent le film avec des spectateurs « à 2 cm d’eux ».
  • Pendant 3 heures, le T-800, John Connor et Sarah Connor tentent d’échapper au T-1000.
  • Le public est également acteur avec des missions à accomplir en marge des scènes du film de James Cameron.

« I’ll be back. » Le gimmick de Terminator est accueilli par une salve de cris et d’applaudissements. Suivi par 130 paires d’yeux, le T-800 rendu célèbre par Arnold Schwarzenegger sort de la pièce canarder les policiers qui encerclent les locaux de Cyberdyne Systems. Un départ qui s’effectue en passant par le couloir de l’hôpital psychiatrique de Pescadero. Au bout de celui-ci, à gauche, on tombe dans le bar de bikers The Corral où le T-800 est arrivé nu comme un ver et pectoraux saillants. En face, la fonderie où le T-1000 va périr. Sur 700 m², à Montreuil (Seine-Saint-Denis), Dream Factory a reproduit les décors de Terminator 2 et offre avec le spectacle No Fate une expérience de cinéma immersif (3 heures). « Les spectateurs sont sur le plateau de tournage et en même temps sur scène », explique Grégoire Nedelcovivi, co-fondateur et directeur de la création de Dream Factory.

Pour les acteurs se retrouver au milieu de 130 personnes est un exercice de « funambulisme », selon Alexis « Terminator » Driollet. « On entend les gens répéter avant nous ce qu’on va dire. Il faut être très concentré. On perçoit aussi toutes leurs réactions, ils sont collés à nous ». Cette proximité oblige également à une part d’improvisation. « Les scènes sont calées mais un acteur peut être empêché de passer, arrive en retard, ça a un côté marrant, à suspens », poursuit le sculptural acteur. « Les gens sont tellement proches qu’on peut tester des choses avec eux », abonde Dorit, qui interprète Sarah Connor. « On ressent la bienveillance du public », souligne Alexis Driollet.

A chaque spectateur, sa mission

Pour appréhender la présence du public, les 32 comédiens et comédiennes de No Fate (deux pour chaque rôle) ont eu « une semaine de cascades » en plus des répétitions pour les textes et les déplacements, « pour qu’ils n’aient pas peur du public, d’avoir des personnes à 2 cm d’eux et les invitent à jouer », énumère Elza Calmat, co-fondatrice et metteuse en scène Dream Factory.

Car le public est également acteur. Dès le sas d’embarquement avant de rejoindre le plateau, des membres de la résistance donnent à chaque spectateur une mission. « Les gens sont proactifs, ils participent à la création, avance Grégoire Nedelcovivi. Chacun aura sa propre expérience. » Effectivement les missions pimentent la soirée, obligent à aller parler aux acteurs, à visiter le plateau mais au final, on ne sait pas trop à quoi elles servent. Inspirées du jeu vidéo Terminator 2 : Judgement Day, elles doivent encore être mieux insérées dans le scénario. Dream Factory se nourrit des retours des spectateurs pour améliorer soir après soir l’expérience No Fate. L’entreprise ambitionne de mener ce projet de cinéma immersif jusqu’en avril 2023. « Hasta la vista baby ! », comme dirait Terminator sous les cris et les applaudissements des spectateurs.

« No Fate – Terminator 2 : Le jugement dernier ». Tour Orion, 5, rue Kléber à Montreuil (métro Croix de Chavaux). Du jeudi au dimanche. Plein tarif : 65 euros, 12-16 ans et étudiant : 50 euros, groupe (à partir de 5 personnes) : 55 euros.

Pourquoi Terminator 2 ?

Dream Factory a décidé d’adapter en cinéma immersif Terminator 2 car le film a une communauté de fans. « Pour certains, c’est une madeleine de Proust », avance Alexis Driollet. Mais également car les droits appartiennent à Canal+. La chaîne cryptée via StudioCanal a produit le blockbuster de James Cameron et a répondu favorablement au projet de Dream Factory.

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