« Relic » plonge Alzheimer au cœur de scènes d’horreur

  • « Relic » met aux prises une mère et une fille doivent face à la sénilité de leur aïeule.
  • Natalie Erika James a transformé leurs rapports en film d’horreur très réussi.
  • Sa propre grand-mère atteinte de la maladie d’Alzheimer a inspiré à la réalisatrice le scénario du film.

Trois générations de femmes sont réunies dans le terrifiant Relic de
Natalie Erika James. La mère (
Emily Mortimer) et la fille (
Bella Heathcote, vue dans The Neon Demon de Nicolas Winding Refn) se font un sang d’encre pour leur aïeule (
Robyn Nevin) atteinte d’une sénilité agressive qui va en s’aggravant tout au long du film.

« Ma grand-mère était atteinte de la maladie d’Alzheimer, confie la réalisatrice australienne à 20 Minutes. Son mal l’avait profondément changée la rendant hostile comme si elle était habitée par un démon. » Le traumatisme généré par cette métamorphose lui a inspiré ce premier long-métrage angoissant où le spectateur ne sait bien vite plus démêler la réalité des personnages des éléments fantastiques qui les terrorisent.

Peurs d’enfant, peurs d’adulte

« J’ai vu les rapports entre ma mère et ma grand-mère se dégrader, se souvient la cinéaste. Sur la fin, ma grand-mère ne me reconnaissait plus, c’était terrible. Je me suis dit que cette expérience était sans doute ce que je vivrais de plus proche d’un film d’horreur. » C’est dans une antique demeure qu’elle transporte ses héroïnes, d’abord alertées par la disparition de la vieille dame, puis terrifiées par son évolution. « J’ai repensé à la maison de ma mamie, dont les recoins sombres m’effrayaient quand j’étais gamine, pour essayer de restituer ma peur d’autrefois au spectateur. » Ses terreurs enfantines se communiquent aux adultes qui se perdent dans le manoir oppressant à souhait.

Une question de transmission

« La métamorphose de la grand-mère en monstre correspond à mon vécu quand l’état de la mienne s’est dégradé », avoue Natalie Erika James. La vieille dame très digne aux cheveux argentés devient peu à peu terrifiante et menaçante pour sa descendance. « Cela les renvoie bien entendu à leur propre avenir comme s’il s’agissait d’une malédiction que se transmet de génération en génération », insiste-t-elle. Jouant habillement sur les codes du cinéma d’horreur, la réalisatrice plonge les protagonistes dans un cauchemar aussi complexe que l’architecture de son décor. « On peut s’imaginer qu’il s’agit de la matérialisation d’un esprit qui se laisse happer par la folie ou prendre le film comme un divertissement horrifique », précise-t-elle. Relic est suffisamment bien ficelé pour donner son comptant de frisson au public quel que soit son choix.

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