Solo A Star Wars Story sur TF1 : pourquoi le film a-t-il été un échec cuisant ?

Solo A Star Wars Story est diffusé ce soir sur TF1, l’occasion de revenir sur l’échec critique et commercial du film. Pourquoi a-t-il été un tel fiasco ?

Sorti en mai 2018, 5 mois seulement après Les Derniers Jedi, Solo A Star Wars Story a été un échec cuisant pour Disney/Lucasfilm. L’épisode 8, malgré les nombreuses controverses à son sujet, était parvenu à générer 1,3 milliard de recettes mondiales. Quant au spin-off sur le cowboy de l’espace, il a peiné à atteindre les 392 millions de billets verts pour un budget de 275M.

Pourquoi Solo a-t-il été boudé par les spectateurs et lynché par la critique ? Malgré l’astronomique côte de popularité du personnage, le pari d’en raconter les origines est perdu. Pour les fans, personne ne peut remplacer Harrison Ford, et certainement pas Alden Ehrenreich, acteur choisi pour prêter ses traits au jeune contrebandier. Dès l’annonce de son casting, les aficionados de la franchise intergalactique ont grincé des dents.

Mais avant cela, Kathleen Kennedy, présidente de Lucasfilm, annonçait des projets de spin-off à foison, de Solo à Lando Calrissian en passant par Boba Fett ou Obi-Wan Kenobi. Très (trop ?) confiante, la patronne de la franchise Star Wars débordait d’optimisme, sans doute grisée par le succès de Rogue One et son milliard au box-office.

Au départ, Kennedy engage le duo Phil Lord / Chris Miller, auteurs du déjanté La Grande aventure Lego, pour mettre en scène les aventures du flibustier de l’espace. Après 5 mois de tournage, les deux hommes sont remerciés et remplacés par Ron Howard. La raison ? Des divergences artistiques. Selon The Hollywood Reporter, les scénaristes Lawrence et Jonathan Kasdan ne supportaient pas la tonalité trop légère insufflée à Solo par Lord et Miller.

Le tandem, qui aime laisser beaucoup de libertés aux acteurs sur le tournage, s’est heurté au cahier des charges très précis d’un blockbuster. De plus, on ne s’amuse pas comme on veut avec un personnage emblématique comme Han Solo. “Les gens doivent comprendre que Han Solo n’a pas une personnalité comique. Il est sarcastique et égoïste”, expliquait une source anonyme rapportée par The Hollywood Reporter.

Le site américain a aussi révélé l’atmosphère extrêmement délétère qui régnait sur le plateau entre les cinéastes et l’équipe de production. Lord et Miller sont obligés de suivre un planning très contraignant et n’ont que très peu de libertés créatives. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase aurait été le tournage d’une séquence-clé, pour laquelle la production exigeait une quinzaine de caméras alors que le duo n’en utilisait que trois. Finalement, le désir de comédie SF décomplexée souhaité par le tandem s’est heurté à l’exigence d’une aventure familiale voulue par Disney.

Les réalisateurs sont logiquement évincés au profit de Ron Howard, qui va reshooter environ 70% du film. Ce dernier va souffrir de ces mauvaises nouvelles avant même sa sortie en salles. Dans le coeur des fans, le côté obscur a gagné, Disney préférant miser sur une oeuvre plus sage, même si cela est contraire à la personnalité du chien fou Han Solo. “Lord et Miller ont pu voir un montage non-définitif et m’ont donné quelques notes, des retours. C’était très collégial. Ça devait être horrible pour eux. C’est dommage que les choses se soient déroulées ainsi”, déplorait Ron Howard dans le podcast Happy Sad Confused.

À cause de ces problèmes de production, Disney ne communique aucune bande-annonce ni teaser avant février 2018, trois mois seulement avant la sortie du film. Face à toutes les rumeurs, les fans de la saga s’impatientent et finissent par ne plus croire à ce projet. Un de ces bruits de couloir concernait l’acteur principal lui-même, Alden Ehrenreich. Ce dernier aurait eu du mal à entrer dans le personnage de Solo ; la production aurait donc eu recours à un coach pour l’aider à perfectionner son jeu.

Un autre problème qui peut expliquer le peu d’engouement du public pour Solo est la manière dont Disney a fait la promotion du film : “Disney et Lucasfilm n’ont pas vendu Solo pour ce que c’était, contrairement à Rogue One qui avait une vraie dramatisation mise en avant. Ils auraient dû l’annoncer comme un pop-corn movie ou un western-fun”, expliquait le journaliste Stéphane Boudsocq sur RTL. En plus de tous ces déboires, la firme aux grandes oreilles décide de sortir Solo seulement un mois après Avengers Infinity War, se tirant une balle dans le pied.

La super-production Marvel était sûrement l’oeuvre la plus attendue de l’année. Il semble logique que ce spin-off de Star Wars n’ait pas pu tenir la distance face à ce mastodonte. Pour couronner le tout, il a aussi souffert de la sortie une semaine plus tôt de Deadpool 2, qui a aussi tout raflé sur son passage. Après ce fiasco, Disney/Lucasfilm vont revoir leur copie.

La production de tous les spin-off est mise en pause pour se concentrer sur L’Ascension de Skywalker, sorti en décembre 2019. Pour Patrice Girod, co-auteur de Star Wars : Objets du mythe, “c’était une vraie erreur marketing de sortir Solo aussi près des Dernier Jedi. Star Wars a connu 6 films en 40 ans. Puis 4 nouveaux en trois ans !” L’écrivain insiste sur la saturation et la lassitude du public autour des oeuvres estampillés Star Wars. De plus, revisiter et expliquer les mystères liés au flibustier au pistolaser était-il pertinent ? L’aura de ce personnage rebelle résidait surtout dans son côté énigmatique et insaisissable. Le run de Kessel, l’acquisition du Faucon Millenium ou sa rencontre avec Chewie devaient-ils rester de l’ordre du fantasme de fans ?

UN DEEPFAKE BLUFFANT AVEC HARRISON FORD DANS SOLO

Quoi qu’il en soit, Kathleen Kennedy change de stratégie, notamment sous l’impulsion du succès de The Mandalorian sur Disney+. L’avenir de la franchise Star Wars se jouera désormais sur cette plateforme, censée accueillir les futures séries Obi-Wan Kenobi, Ahsoka ou Lando. La semaine dernière, la présidente de Lucasfilm a dévoile de nombreux projets autour de la saga. On les retrouvera sur Disney+ mais aussi sur grand écran avec Rogue Squadron de Patty Jenkins ou le Star Wars de Taika Waititi, prévus pour 2023 et 2025. (La trilogie de Rian Johnson semble être passée à la trappe.)

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“Je pense que personne n’a l’intention de réaliser une suite à Solo pour le moment. Je pense que ce serait difficile à vendre et le programme de Disney + est plutôt… plein. Que des séries que j’attends de voir avec impatience.”

LES PETITS DETAILS DE SOLO

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