TEMOIGNAGE. Isabelle : "Éleveur, c’est un métier passion avant d’être rémunérateur"

Isabelle est devenue éleveuse de terre-neuve par amour pour cette race. Se séparer des chiots reste toujours très difficile. Une équipe a filmé ces premiers mois si importants dans le documentaire Chiots & chatons : 3 mois pour devenir grands, dimanche 27 septembre à 18 h 15 sur C8.

Cela fait neuf ans que vous êtes éleveuse. Cela fait combien de chiots ?

Isabelle : J’ai fait naître 103 chiots. J’ai eu 5 chiennes. Une terre-neuve vit une dizaine d’années et peut reproduire de 2 ans à 6 ou 8 ans. Avec moi, elle aura quatre ou cinq portées dans sa vie. D’autres éleveurs en font deux par an. Mais pour moi, c’est un métier passion avant d’être rémunérateur.

Sur la portée du reportage, vous avez gardé Patmol…

C’était voulu. Pendant le reportage, j’ai perdu ma chienne de 8 ans qui avait un cancer des os. J’ai aussi appris qu’une autre chienne avait un cancer des mamelles, elle a donc été stérilisée. Je garde mes chiennes jusqu’à la fin, même si elles sont malades. Elles ne sont pas des «outils de production». L’avenir nous dira si Patmol prendra la relève, mais c’est le but.

Comment vous préparez-vous au moment de vous séparer des chiots ?

Je me prépare autant que je prépare les chiots. Pendant les semaines avant le départ, je leur parle. Je leur explique ce qui va se passer ; je leur dis que je leur souhaite une belle vie et que j’espère qu’ils seront au moins aussi heureux qu’ils l’ont été avec moi. Quand ils partent, je les toilette et je leur parle encore. C’est une étape importante car elle me permet de mettre comme une fin à notre histoire. Mais cela reste très difficile.

N’est-ce pas cruel de retirer des chiots à leur maman si c’est déjà difficile pour vous ?

Oui. Après, ça dépend des mères. Sur les cinq chiennes que j’ai eues, seule Dune a été très affectée. Elle pleurait à chaque départ. Forcément, je pleurais aussi. Mais Dune était particulière et très maternelle même avec les chiots des autres. Par contre, les autres chiennes, pas du tout. Je ne les vois pas tristes au départ de leurs chiots. Elles aiment leur maternité et être avec leurs petits mais à un moment, elles rejoignent le groupe des adultes. Il y a un temps pour tout.

Restez-vous en contact avec les gens qui adoptent ?

J’essaie mais la vie faisant, certains ne donnent pas suite. Je reste disponible s’ils ont besoin d’aide et chaque année, j’organise une journée où chacun vient avec sa famille, son chien et son pique-nique.

Les chiens vous reconnaissent-ils quand ils vous revoient, même quelques années après ?

J’ai un doute. Je me dis que non car ils sont partis dans leur famille. Mais certains sont un peu trop affectueux. Ils doivent reconnaître ma voix ou mon odeur. Il y a peut-être quelque chose qui reste. En tout cas, cela me fait plaisir de le penser.

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