« Yalda » met la vie et la mort en balance à la télévision

  • Dans « Yalda, La nuit du pardon », une jeune femme condamnée à mort pour le meurtre son mari, ne peut espérer être sauvée que par la fille de ce dernier.
  • C’est au cours d’une émission télévisée que le pardon de la jeune femme lui sera ou non accordé
  • Ce film très fort, récompensé à Sundance, exagère la réalité d’une véritable émission iranienne pour brosser de beaux porttaits de femmes.

Une jeune femme condamnée à mort pour le meurtre son mari, ne peut espérer être sauvée que par la fille de ce dernier. Mais si le pitch de Yalda, la nuit du pardon de
Massoud Bakhshi fait passer des frissons dans le dos, c’est parce que c’est au cours d’une émission télévisée que le pardon lui sera ou non accordé. Ce film très fort du réalisateur d’Une famille respectable (2012), récompensé à Sundance, propulse le spectateur sur le tournage de cette émission. Et c’est aussi dérangeant que passionnant.

« Je me suis inspiré d’une véritable émission télévisée iranienne » explique le cinéaste à 20 Minutes. Même s’il a bien évidemment adapté la réalité pour réaliser sa fiction. Cette émission Mah-e Asal a été diffusée de 2007 à 2018 pendant le mois du Ramadan devant des millions de télespectateurs.

Considérée comme responsable de la mort d’un homme bien plus âgé qui était devenu son mari, Maryam (Sadaf Asgari), 22 ans, espère le pardon public de Mona (Behnaf Jafari), la fille du défunt, pour échapper à la pendaison. Manipulées par une production avide de maintenir l’audience de l’émission, les deux jeunes femmes se déchirent à l’antenne.

Exagéré juste ce qu’il faut

« La véritable émission parlait bien de pardon, souligne le réalisateur, mais elle ne mettait pas coupables et victimes face à face. » Pas plus qu’elle ne tranchait entre la vie et la mort des candidats. « J’ai également inventé le fait que le public puisse voter par textos, précise-t-il. Bref, j’ai tout exagéré, insiste le cinéaste, mais plusieurs amis m’ont dit, mi-figue mi-raisin, que je devrais déposer le concept de l’émission qui pourrait être exploité, notamment aux États-Unis. »

Une vie dans la balance

Dans la véritable émission, des cas de toutes sortes étaient évoqués et pas seulement ceux mettant en scène des femmes. « Pour mon film, j’ai choisi de brosser principalement des portraits féminins, reprend Massous Bakhshi. Celles que je représente sont issues de classes sociales différentes. » La coupable, ancienne employée de son accusatrice plus fortunée, ne peut que s’humilier devant celle qui tient son destin entre ses mains. « L’émission originale avait pour vocation de faire réfléchir sur la notion de pardon, d’inviter tout le monde à se mettre à la place de l’autre pour essayer le comprendre », précise le cinéaste. Yalda pousse le concept bien plus loin en mettant carrément une vie dans la balance.

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